Des institutions en (r)évolution : Armée et police en Tunisie après 2011
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Quand, le 14 janvier 2011, le président Zine El Abidine Ben Ali s’enfuit en Arabie Saoudite, un changement de régime s’amorce en Tunisie. Alors que la police traverse une crise de légitimité en raison de son rôle dans la répression des protestations de décembre 2010 et janvier 2011, l’armée, quant à elle, est perçue comme une force proche du peuple, faisant même parfois tampon entre policiers et manifestants. Le rôle des institutions policières et militaires devient central dans le débat public pendant la période de « transition démocratique ». Cette étude propose d’analyser les reconfigurations des politiques de défense et de sécurité en historicisant les modèles de sécurité et de défense en Tunisie. Elle montre comment l’armée, institution relativement marginalisée dans l’organisation du pouvoir, se modernise et prend de l’importance après 2011. La police n’est pas en reste qui, à travers ses syndicats, obtient une revalorisation matérielle (et symbolique) de la profession. Ce renforcement des institutions policières et militaires s’inscrit dans un glissement progressif vers des formes plus autoritaires de la pratique du pouvoir en Tunisie, entérinées par le passage en force institutionnel de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021.