Fabulae mundi - Séance 5 : Temporalité des récits stratégiques : le cas du Japon et de la “communauté du Pacifique”

Lundi 09 février 2026

Séminaire de recherche Fabulae mundi

Séance 5 : Temporalité des récits stratégiques : le cas du Japon et de la “communauté du Pacifique”

Présentation de Karoline Postel-Vinay (Sciences Po, Ceri), Salle Saint-Exupéry, IRSEM, 9 février 2026. 

 Inscriptions

30 places sont disponibles. Une confirmation vous sera adressée après validation de votre inscription.

De manière générale, et comme l’enseigne la narratologie, les récits sont producteurs de sens. A cet égard, ils sont non seulement utiles mais de plus en plus nécessaires pour naviguer dans un contexte d’incertitude mondiale. A l’échelle géopolitique, la divergence des récits stratégiques des grandes puissances témoigne d'une rivalité singulière. Une rivalité qui souligne l'importance croissante du pouvoir narratif en tant que ressource sur la scène internationale. De quoi est fait cette ressource ? Pour le comprendre, il faut d’abord noter que le pouvoir narratif n'est pas autonome. D’une part, il s'inscrit dans le temps et l'espace. D’autre part, il ne repose pas sur un récit unique, mais sur plusieurs récits interconnectés. En d’autres termes, il dépend d’une dynamique fluctuante d'inter-narrativité. On considérera celle-ci dans le cas de l'émergence de l'« Indo-Pacifique » en tant que récit géopolitique. La diffusion globale du récit « Indo-Pacifique » tend à occulter sa généalogie japonaise et son lien avec les récits antérieurs sur le « Pacifique ». Ces récits traitent de l'identité régionale du Japon et de sa dissociation historique d'un monde centré sur la Chine. De cet héritage historique, et d’une succession de mises en intrigue de celui-ci, découle un type de récit qu’on pourrait qualifier d’« océanique ».  On verra qu’il offre une plasticité qui a permis l’expression d'une diversité de récits stratégiques.