Visuel 3 Questions Florian Opillard

 

Qui êtes-vous ? Racontez-nous votre parcours…

Je suis géographe, avec plusieurs nuances de sciences sociales. Après une licence de géographie, j’ai commencé un Master à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, très orienté vers l’analyse de l’espace et des territoires ainsi que des textes fondamentaux de sciences sociales. Cette combinaison d’une formation classique et d’une formation plus généraliste et exigeante en sciences sociales a été une bonne combinaison pour la préparation de l’agrégation de géographie (2013), qui requiert bien souvent une maîtrise des bases et une ouverture conceptuelle vers les autres sciences sociales. J’ai ensuite commencé une thèse à l’EHESS, pendant laquelle j’ai pu profiter de l’accueil de l’Université de Berkeley pendant plusieurs mois.

Après plusieurs années d’enseignement en tant qu’attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, j’ai été recruté à l’IRSEM dans le domaine « Défense et société » en décembre 2019. 

 

Quels sont vos axes de recherche actuellement ? Où peut-on vous lire ?

Mes recherches concernent plusieurs domaines et plusieurs objets :

En lien avec mes recherches de thèse, je travaille sur la manière dont l’espace est un enjeu de lutte et d’appropriation, ce qui est le propre de l’analyse géopolitique.

Mes recherches dans l’urbain portent actuellement sur les effets des processus de financiarisation de la production urbaine, et notamment du rôle de la mise en récit des espaces urbains pour la réussite des processus de spéculation immobilière. Un chapitre d’ouvrage paraîtra à la fin de l’année sur ces questions, et une bonne introduction à ces thématiques peut être lue ici : https://www.cairn.info/revue-du-mauss-2019-2-page-271.html.

Depuis mon arrivé à l’IRSEM et dans la continuité de ce travail de thèse, je m’intéresse aux évolutions des formes de conflictualité en ville et à l’adaptation des doctrines et des opérations militaires en zones urbaines, toujours dans une visée comparative.

Enfin, je suis le coordinateur scientifique d’un programme de recherche financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) intitulé « ARMY », et co-porté par l’IRSEM et le CEVIPOF (Sciences Po Paris) (https://anrarmy.hypotheses.org), dont deux publications peuvent être lues ici (https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/tesg.12451) et ici

(https:// www.irsem.fr /institut/actualites/note-de-recherche-n-107-2020.html). Ce programme de recherche vise à analyser la mobilisation des forces armées dans la crise sanitaire en France, aux États-Unis et en Europe, et comporte un volet qualitatif (entretiens avec des militaires engagés dans l’opération « Résilience » et dans les états-majors étrangers) et une dimension quantitative. Nous avons ainsi réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 3000 personnes pour interroger les représentations de la crise sanitaire et la perception des missions des armées dans cette crise. 

Ce projet de recherche s’inscrit par ailleurs dans une recherche plus large sur les effets du changement climatique sur les armées, et sur les formes d’adaptation que ces processus entraînent. 

 

Pourquoi avoir choisi la « recherche » ? Comment percevez-vous votre rôle de chercheur ?

Je fais de la recherche parce que je suis passionné par l’enquête scientifique, le terrain et par l’articulation entre savoirs théoriques et confrontation à la pratique. C’est comme un artisanat dans lequel il faut choyer ses techniques, ménager ses grands principes et faire preuve d’humilité, parce que la complexité des faits sociaux finira toujours par rendre vos analyses obsolètes, aussi élaborées soient-elles.