3 Questions

 

Qui êtes-vous ? Racontez-nous votre parcours.

J’ai suivi un parcours « LMD » classique avec une licence en histoire et en science politique, un master en relations internationales orienté « sécurité et défense », et un doctorat en science politique. J’ai réalisé ma thèse à Paris II Panthéon-Assas et au Centre de recherche de l’École de l’air entre 2017 et 2021, sous la codirection de Jean-Vincent Holeindre et de Christophe Pajon. Mon travail porte sur les interactions entre les identités professionnelles militaires, en particulier celles des aviateurs, et les processus décisionnels. Il s’inscrit dans le sous-champ de la sociologie militaire, et se trouve donc à la croisée de la science politique et de la sociologie, notamment des professions. Cette double influence a été très riche d’enseignement.

Avant d’intégrer les équipes de l’IRSEM à l’été 2020, j’ai occupé un poste d’enseignant-chercheur junior au Centre de recherche de l’École de l’air où j’ai entre autres enseigné la politique de défense française. J’ai également eu l’occasion de participer à l’opération Barkhane en 2019.

 

Quels sont vos axes de recherche actuellement ? Où peut-on vous lire ? (liens vers derniers articles)

À l’heure actuelle, je poursuis mes recherches sur les professions militaires, surtout sur celle des aviateurs. Je m’intéresse aux effets de hiérarchisation symbolique entre différents groupes professionnels au sein de l’armée de l’air et de l’espace mais également en interarmées. Par extension je porte mon attention sur la gestion, la sélection et la formation des élites militaires françaises. En dehors de ce cadre, je travaille sur la question de la place des femmes dans les armées et, plus largement, dans le milieu de la défense et de la sécurité. Enfin, la question du rayonnement du ministère des Armées au travers du sport est un nouveau terrain que j’investis aux côtés de mes collègues du domaine « Défense et société ».

Vous pouvez me lire dans l’ouvrage Sociologie militaire ou dans le numéro 840 de la Revue défense nationale.

 

Pourquoi avoir choisi la « recherche » ? Comment percevez-vous votre rôle de chercheuse ?

La recherche en sciences sociales permet de mieux comprendre le monde dans lequel on vit, d’éclairer le réel et de le rendre intelligible.

En tant que militaire et chercheuse, j’ai de nombreux défis à relever : je dois à la fois gagner ma légitimité de chercheuse auprès de la communauté scientifique, tout en restant crédible au sein de l’institution en tant que militaire. Cette double casquette me permet (presque) d’avoir « 2 métiers en 1 », ce qui est une vraie chance ! Il me semble que cette position doit aussi servir à entretenir les liens entre le ministère des Armées et le monde académique qui s’enrichissent mutuellement, que ce soit par l’accès à un terrain fécond et privilégié ou par l’accroissement des connaissances sur les forces armées.