Présentation de l'IRSEM

Créé en 2009, l’IRSEM est un organisme extérieur de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées. Composé d’une quarantaine de personnels permanents (une cinquantaine en réalité avec les postdoctorants, doctorants résidents, apprentis, Contrats Armée Jeunesse et stagiaires), il a quatre missions :

1) la recherche. L’IRSEM envoie ses chercheurs dans le monde entier réaliser des terrains de recherche. Les chercheurs de l’IRSEM produisent : a) une recherche interne répondant aux besoins exprimés par les organismes du ministère de la Défense; b) une recherche externe, à destination de la communauté scientifique, publiée dans les collections de l’IRSEM ou dans des livres et des revues évaluées par les pairs, en français et en anglais.

2) la « relève stratégique ». L’IRSEM favorise l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs sur la défense et la sécurité, en encadrant des doctorants dans un séminaire mensuel à l’École militaire, en leur attribuant des aides à la mobilité, en octroyant des allocations postdoctorales et en valorisant ce réseau dans la durée. Au total, depuis sa création, l’IRSEM a soutenu ainsi plus d’une centaine de jeunes chercheurs constituant la «relève stratégique».

3) la contribution à l’enseignement militaire supérieur en dispensant des cours à l’École de Guerre et au Centre des hautes études militaires (CHEM), et en encadrant des stagiaires de ces institutions (supervision de leur mémoire de recherche).

4) la contribution au débat public. L’IRSEM organise des colloques en France et à l’étranger, publie des travaux de recherche dans plusieurs formats, en français et en anglais, et ses chercheurs sont régulièrement invités dans les médias. De cette manière, l’Institut contribue à nourrir le débat public sur les questions de défense et de sécurité.

L’IRSEM revendique en outre une identité hybride :

- d’un côté, il a une forte dimension académique : selon l’arrêté ministériel portant organisation de l’IRSEM, le directeur scientifique doit être un professeur des universités, les chercheurs civils doivent être titulaires d’un doctorat et les directeurs de domaines d’études d’une habilitation à diriger des recherches (HDR). Les chercheurs sont encouragés à préparer une HDR (plusieurs sont en cours) et l’équipe actuelle accueille également une maître de conférences des universités, détachée à temps plein, et une directrice de recherche au CNRS, à temps partiel. Quasiment tous les chercheurs enseignent à l’université, certains publient des articles scientifiques dans des revues pratiquant l’évaluation anonyme par les pairs et des ouvrages universitaires chez les éditeurs les plus réputés, en français et en anglais. Ils organisent et participent à des colloques scientifiques internationaux, comme le congrès annuel de l’International Studies Association (ISA). Pour la première fois en 2020, une équipe de l’IRSEM a aussi remporté un financement de l’Agence nationale de la recherche (ANR). L’IRSEM anime un séminaire doctoral mensuel fréquenté par une trentaine de doctorants, finance et accueille trois postdoctorants par an, et édite une revue scientifique aux Presses de Sciences Po, Les Champs de Mars, soumettant ses articles aux procédures les plus strictes (double évaluation à l’aveugle par les pairs). La qualité scientifique des travaux est régulièrement évaluée par le conseil scientifique de l’IRSEM, qui comprend notamment 7 universitaires en poste en France et à l’étranger. Enfin, au cours des dernières années, plusieurs anciens chercheurs de l’IRSEM ont obtenu des postes de chargé de recherche au CNRS et de professeur et de maître de conférences à l’université, en France et à l’étranger.

A bien des égards, donc, l’IRSEM est plus proche d’un centre de recherche universitaire que d’un think tank. En outre, faisant intégralement partie d’un ministère, il n’est pas une structure de droit privé et, pour cette raison également, ne doit pas être considéré comme un think tank à proprement parler.

- d’un autre côté cependant, l’IRSEM a tout aussi clairement une vocation opérationnelle : l’institut compte des militaires dans son équipe et plusieurs chercheurs civils ont également un passé de praticien ; il répond aux besoins exprimés par le ministère en matière d’études et de notes internes, au profit non seulement de la DGRIS mais aussi de l’Etat-major des armées (EMA) et d’autres services. L’IRSEM organise des séminaires fermés et des ateliers de Wargaming, participe à des groupes de travail ministériels et interministériels, et contribue à la diplomatie de défense en recevant régulièrement des délégations étrangères et en accomplissant des missions partout dans le monde. L’institut assume entièrement cette dimension « policy-oriented » dont témoigne une partie de ses publications visant un lectorat large, à l’intérieur et à l’extérieur de l’appareil étatique, y compris les décideurs.

A l’interface entre le monde de la Défense et celui de l’Université, l’IRSEM est donc une institution hybride relativement unique. Cette identité mixte est à la fois un défi permanent, car la tension existe entre ces deux pôles dont les attentes sont différentes et parfois divergentes, et une chance, par la fécondation croisée et l’enrichissement mutuel que ce positionnement permet. Dans cet esprit d’hybridité, l’actuelle politique de la direction de l’IRSEM est d’« universitariser » et d’opérationnaliser l’institut, pour contribuer à l’émergence des études sur la guerre (War Studies) en France :

« Étant un institut de recherche du ministère de la Défense, jouant le rôle d’interface entre la Défense et l’Université, l’IRSEM est naturellement au cœur de cette dynamique qui vise à faire émerger une filière de War Studies en France. Il doit en être la pierre angulaire. Sa raison d’être et sa valeur ajoutée est précisément son positionnement à l’intersection des deux mondes : du ministère de la Défense, et de la recherche universitaire.
Bien positionné, l’institut peut satisfaire les deux objectifs que son hybridité exige : être utile au ministère et respecté dans le monde universitaire. C’est mon ambition. Mal positionné, il ne satisfait ni l’un, ni l’autre, trop extérieur pour être utile à l’intérieur, trop intérieur pour être respecté à l’extérieur.
Partant de ce constat, et dans la continuité du mouvement entamé avant mon arrivée, j’ai deux objectifs : d’une part, « universitariser » l’IRSEM, c’est-à-dire rendre l’Institut plus crédible scientifiquement, plus visible et plus attractif pour le CNRS et les universités ; d’autre part, « opérationnaliser » l’IRSEM, c’est-à-dire rendre l’Institut plus utile au ministère de la Défense, donc plus influent, plus respecté.
Une erreur commune est de croire que ces deux objectifs sont incompatibles, que l’affirmation de l’un implique nécessairement la négation de l’autre, et qu’il faut donc choisir : universitariser réduirait automatiquement notre utilité, et opérationnaliser réduirait automatiquement notre qualité scientifique. L’un n’empêche pourtant pas l’autre (…). Les deux sont complémentaires et, dans le cas particulier de l’IRSEM, les deux sont nécessaires ».

(Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, « L’IRSEM évolue », La Lettre de l’IRSEM, édition spéciale du 15 septembre 2016, p. 3)

 

Pour en savoir plus :

Lettre de l’IRSEM, édition spéciale du 15 septembre 2016

Lettre de l’IRSEM, édition spéciale du 22 septembre 2017

— J.-V. Holeindre et J.-B. Jeangène Vilmer, « Pour des War Studies en France : un diagnostic et des propositions », Revue Défense Nationale, n° 785, décembre 2015, p. 53-59.

— J.-B. Jeangène Vilmer, « Le tournant des études sur la guerre en France », Revue Défense Nationale, n° 800, mai 2017, p. 51-61.

— J.-V. Holeindre et J.-B. Jeangène Vilmer, « La revue des études sur la guerre et la paix », Les Champs de Mars. Revue d’études sur la guerre et la paix, n° 29, 2017, p. 5-12.

— J.-B. Jeangène Vilmer, « La relève stratégique : les jeunes chercheurs de l’IRSEM », Revue Défense Nationale, n°826, janvier 2020, p. 13-20.

 

 

Photo Groupe N B

 

Historique de l'IRSEM

Créé de facto en septembre 2009, et de jure par un arrêté du 15 octobre 2010, l’IRSEM est issu de la fusion de quatre centres de recherche du ministère de la Défense :

- le Centre d’études en sciences sociales de la défense (C2SD, 1995-2010), précédemment Centre de sociologie de la défense nationale (CSDN, 1969-1995)
- le Centre d’études d’histoire de la défense (CEHD, 1994-2010)
- le Centre d’études et de recherches de l’enseignement militaire supérieur (CEREMS, 2001-2010),
- la partie recherche du Centre des hautes études de l’armement (CHEAr, 1964-2010), sa partie formation étant devenue la session nationale "Armement et économie de défense" de l'IHEDN.

Initialement rattaché à l’état-major des armées (EMA, sous-chef d’état-major ressources humaines), l’IRSEM est depuis mars 2015 rattaché à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), créée quelques mois plus tôt, plus précisément au directeur stratégie de défense, prospective et contre-prolifération (DSPC).

En février 2016, l’IRSEM déménage dans le bâtiment 13 de l’École militaire, totalement rénové.

En janvier 2019, l'IRSEM a lancé son nouveau site internet.

→ Voir le communiqué de presse du 16/01/2019

En janvier 2019, l'IRSEM a inauguré son podcast : Le Collimateur.

→ Voir le communiqué de presse du 29/01/2019

 

Évolution de l’équipe de direction :

  • directeurs : de sa création à décembre 2015, l’IRSEM était dirigé par Frédéric Charillon, professeur de science politique à l’université de Clermont-Ferrand. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer devient directeur de l’IRSEM le 15 juin 2016.
  • directeur adjoint : poste créée en septembre 2021. Actuellement occupé par Marjorie Vanbaelinghem. 
  • secrétaires généraux : général Jean-Claude Beyer (2009-2010), général André Var, général Jérôme de Tarlé, contre-amiral Jean-François Morel (2013-2015), contrôleuse des armées Marie-Noëlle Quiot (2016-2017), commissaire général Étienne Vuillermet (2017-2021), Caroline Verstappen (depuis septembre 2021). 
  • directeurs scientifiques : Frédéric Ramel, professeur de science politique à l’université Paris-11 puis Sciences Po (2009-2013) ; Thierry Balzacq, professeur de science politique à l’université de Namur (2014-2016) ; et Jean-Vincent Holeindre, professeur de science politique à l’université de Poitiers puis Paris-2 Panthéon-Assas (depuis novembre 2016).

Changement de logo :

logo IRSEM 2009-2016 logo IRSEM fond transparent
2009 - 2016 Depuis septembre 2016

 

Plaquette de présentation

Presentation Irsem Article Vignette


France Article Demi Colonne Plaquette de présentation en français (pdf)

United Kingdom Article Demi Colonne Plaquette de présentation en anglais (pdf)

 

 

Bilan de l'activité

La Lettre Annee 2020  Bilan de l'année 2020 (pdf)

 

La Lettre Annee 2019  Bilan de l'année 2019 (pdf)

 

La Lettre Annee 2018 Bilan de l'année 2018 (pdf)

 

La Lettre Annee 2017 Bilan de l'année 2017 (pdf)

 

La Lettre Annee 2016 Bilan de l'année 2016 (pdf)

 

 

La réforme de l’IRSEM : deux ans d'action (2016-2018)

 

La reforme de l'IRSEMLa réforme de l'IRSEM (pdf)