3 Questions BRUGIER Camille

 

Qui êtes-vous ? Racontez-nous votre parcours.

Après avoir obtenu mon Master en études européennes à Sciences Po Grenoble, j’ai soutenu ma thèse de doctorat à l’Institut universitaire européen (Florence). Elle portait sur les relations commerciales entre l’Union européenne et la Chine. Enrichie d’un travail de terrain et d’expériences de recherche en institution (EUISS), j’ai enseigné pendant deux années à la faculté de droit de Toulouse. Désirant allier « l’opérationnel » à l’approfondissement de certaines de mes problématiques de recherche, je suis venue m’installer à Paris en 2018 pour travailler durant deux ans en tant que chargée de mission Asie au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. C’est à la suite de cette expérience que j’ai intégré l’IRSEM comme chercheuse Chine, en décembre 2020.

 

Quels sont vos axes de recherche actuellement ? Où peut-on vous lire ? (liens vers derniers articles)

Dans ma thèse de doctorat, je me suis intéressée aux relations commerciales entre l’Union européenne et la Chine, notamment aux tactiques et canaux utilisés par les deux acteurs pour régler leurs différends commerciaux et éviter l’aggravation de leurs conflits. L’étude de la relation sino-européenne, m’a conduite aussi à celle de la relation sino-américaine, tant du point de vue géopolitique avec la mise en œuvre de la BRI, que du point de vue commercial dans le cadre de l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping et de Donald Trump. Grâce à mon expérience au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, je m’intéresse aujourd’hui également à la Chine en tant qu’acteur international et au développement technologique chinois.

 

Pourquoi avoir choisi la « recherche » ? Comment percevez-vous votre rôle de chercheur ?

C’est mon intérêt pour le pays où j’ai grandi qui m’a menée à la recherche. En effet, j’ai grandi en Chine, où j’ai fait partie des premiers enfants occidentaux à intégrer une école primaire chinoise et à y apprendre la langue, mais aussi les codes sociaux et la culture. C’est la volonté de comprendre ce pays, d’aider à le faire comprendre en Europe, et d’aider à construire une politique vis-à-vis de ce « géant », qui m’a menée vers ce métier.

Je ne suis pas, pour ainsi dire, un pur produit universitaire puisque je préfère cultiver un profil mixte combinant aide à la prise de décision politique et recherche académique. Mon parcours en témoigne, ainsi que mes intérêts de recherche, qui allient théorie des relations internationales et données empiriques.

Il me semble que l’existence du chercheur, particulièrement en sciences humaines sociales, est un indicateur de bonne santé des régimes démocratiques. Il est, pour cette raison avant toute autre, nécessaire à nos sociétés. La démocratie a besoin de gens qui pensent librement. Ce sont d’ailleurs les premiers postes que suppriment les pays autoritaires !