3 questions à ... Antoine PIETRI

 

Antoine, qui êtes-vous ? Racontez-nous votre parcours...

Je m’appelle Antoine Pietri et je suis chercheur au sein du domaine Armement et Économie de Défense de l’IRSEM depuis juillet 2017.

Avant de rejoindre l’Institut, j’ai rédigé une thèse en sciences économiques portant sur l’analyse économique des conflits, dirigée par Claude Ménard et Mehrdad Vahabi. J’ai soutenu cette thèse en 2016 et j’ai eu la chance d’ouvrir une brève parenthèse d’une année, au cœur du lycée hôtelier de Blois, en tant que professeur d’économie-gestion-droit. J’ai pu y découvrir un monde professionnel très différent de celui de la recherche et cette expérience a aiguisé mon appétit pour les techniques pédagogiques innovantes ainsi que pour… la gastronomie !

Malgré ces bonheurs quotidiens, l’envie de poursuivre mes travaux de thèse m’a conduit à l’IRSEM.

 

Quels sont vos axes de recherche actuellement ?
Où peut-on vous lire ?

Ma recherche actuelle porte sur l’analyse économique des conflits. En particulier, il me tient à cœur de convaincre le plus grand nombre que les sciences économiques et les conflits ne peuvent ni ne doivent s’ignorer mutuellement. Ainsi, l’économiste ne peut prétendre appréhender l’entièreté des choix individuels sans considérer le « côté obscur », non pas de la force, mais des interactions humaines, autrement dit, l’utilisation de la violence, de la menace, etc. Et inversement : les spécialistes des questions relatives aux conflits et à la défense doivent nécessairement considérer la dimension économique sous-jacente. Analyser les interactions entre la sphère économique et la sphère conflictuelle est donc mon principal projet de recherche.

Aussi, voici deux articles qui me semblent pertinents pour décrire mon approche :

 

Pourquoi avoir choisi la « recherche » ?
Comment percevez-vous votre rôle de chercheur ?

Initialement, je n’ai pas choisi de faire de la recherche « par vocation »… cela est venu bien plus tard !

En effet, j’ai choisi de faire une thèse car j’ai rencontré une personne, Mehrdad Vahabi, qui a su me transmettre sa passion pour la recherche. Cela tient donc à un heureux hasard !

Un autre élément contribue – malheureusement – à entretenir ma flamme : les évolutions actuelles des menaces sécuritaires. Un tel contexte est propice à la réflexion et les économistes peuvent probablement apporter des clefs de compréhension aux phénomènes observés.

Concernant le rôle du chercheur en économie, je dirais qu’il occupe une place complexe dans la société. D’un côté, il a une tâche noble : faire avancer l’état des connaissances sur un sujet précis. Mais, d’un autre côté, ce sujet est souvent tellement (tellement) précis qu’il en devient inaudible (!). Le chercheur en économie est donc plus que jamais à l’origine d’un savoir nouveau mais il peine à le diffuser en dehors de ses pairs… C’est, selon moi, le plus grand défi de l’économiste : conserver son niveau de technicité tout en restant audible pour le plus grand nombre.