2019 03 29 Portrait Anne Laure MAHE

Qui êtes-vous ? Racontez-nous votre parcours ?

J’ai rejoint l’IRSEM en septembre 2018 afin d’occuper le poste de chercheuse Afrique de l’Est, après avoir passé cinq ans et demi à Montréal pour réaliser un doctorat en science politique portant sur la reproduction du pouvoir autoritaire au Soudan. J’ai ensuite effectué un court stage postdoctoral au Centre d'Études et de Recherches Internationales de l’Université de Montréal avant de m’installer à Paris. Je suis également diplômée de Sciences Po Bordeaux, où j’ai suivi le master recherche « Politique et Développement en Afrique et dans les Pays du Sud ».

 

Quels sont vos axes de recherches actuellement ?
Où peut-on vous lire ?

Je suis spécialisée en politique comparée et en études africaines, mais je travaille spécifiquement sur le fonctionnement des régimes politiques non démocratiques. L’Afrique de l’Est est une région où ce type de système politique reste dominant (Soudan, Ethiopie, Erythrée, Ouganda…) mais où un certain nombre d’événements récents témoignent de transformations en cours, avec le rapprochement entre l’Éthiopie et l’Érythrée et un important mouvement de protestation au Soudan.

Mes recherches visent donc à mieux comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur de ces régimes pour cerner les mécanismes de leur (in)stabilité et de leur longévité.

Vous pouvez en savoir plus sur mon travail en consultant mes derniers articles :

A tradition coopted: participatory development and authoritarian rule in Sudan

Thriving on chaos: the war in Darfur and the transformation of the authoritarian coalition

 

Pourquoi avoir choisi la « recherche » ?
Comment percevez-vous votre rôle de chercheur ?

C’est en fait ma curiosité pour le Soudan qui m’a menée sur la voie de la recherche. J’ai découvert ce pays au détour d’une note de bas de page lors de ma deuxième année à Sciences Po Bordeaux, en échange universitaire dans une petite université du Wisconsin, et c’est mon envie d’en savoir plus qui m’a mise sur ce chemin alors que je me destinais plutôt à une carrière en lien avec le milieu artistique.

J’ai progressivement mesuré à quel point la science politique, et les sciences sociales en général, permettent de mieux comprendre et d’interroger le monde qui nous entoure et notre position en son sein. À mon sens, le rôle de la chercheuse est de tenter de produire les outils de cette réflexion à destination de toutes celles et ceux qui n’ont pas choisi, ou pas eu l’opportunité de choisir, cette profession. Ainsi, si la production de connaissances est un objectif en soi, elle est également le fondement de toute citoyenneté démocratique.