RADIO France Culture · 21 April 2025

Épisode 1/4 · Médias : les Etats-Unis perdent leur voix

Paul CHARON, PhD, MCF Maud QUESSARD · 57 min · Show "Cultures Monde"
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 Le 14 mars dernier, Donald Trump gelait les financements de l’Agence des États-Unis pour les médias mondiaux, estimant que ces derniers ne représentaient pas les intérêts du pays à l'international. Historiquement, ils ont pourtant été pensés comme des outils de promotion du soft power américain.
 
Le 14 mars dernier, Donald Trump signait un décret gelant les financements de l’Agence des États-Unis pour les médias mondiaux, l’organisme qui supervise l’appareil audiovisuel extérieur des États-Unis. Le lendemain, il mettait en congé le personnel de la principale radio internationale du pays, Voice of America. Et pour cause, ces médias, parmi lesquels figurent également Radio Free Europe/ Radio Liberty, ou encore Radio Free Asia, seraient le symptôme d’une “bureaucratie fédérale inutile” relayant une “propagande radicale”. 

C’est pourtant en 60 langues différentes, dans plus de 100 pays, que les médias publics extérieurs américains diffusent de l’information et parviennent à toucher plus de 420 millions d’auditeurs par semaine. Intrinsèquement liés au département d’État américain, ces médias ont été pensés comme des instruments phares de la diplomatie publique des États-Unis. Leur émergence au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle avait pour but de proposer au monde un récit alternatif à la propagande nazie, puis aux narratifs de l’Union soviétique. En se faisant les relais des valeurs libérales américaines à l'international et en donnant la voix aux dissidents de régimes autoritaires, ces médias sont ainsi devenus l’un des piliers du soft power américain. 

Aujourd'hui encore, les médias extérieurs américains disposent d’une portée considérable à l’international, s’attirant les foudres des régimes qui aspirent à un contrôle sévère de l’information. Le gel de leur financement a ainsi conduit à l'arrêt d’un ensemble de programmes diffusés en plusieurs langues locales en Chine, en Russie ou encore en Iran. Si le décret signé par Donald Trump a été suspendu par un juge fédéral, le sort des journalistes de l’US Agency for Global Media reste en suspens. La décision intervient par ailleurs dans un contexte où la pression est croissante sur l’ensemble des médias américains – y compris et surtout sur les plus prestigieux et les plus progressistes – tandis que Trump fait la promotion des podcasters ultraconservateurs, dont la caisse de résonance est désormais mondiale. 

Focus - "CGTN” aux États-Unis : comment la Chine utilise-t-elle ses médias étrangers pour influencer l’opinion anglophone ?
Avec Paul Charon, directeur du domaine Influence et Renseignement de l’IRSEM 
Si l’administration américaine fait le choix d’une réduction drastique des budgets alloués à ses médias publics extérieurs, la politique du gouvernement chinois prend une direction opposée. Ses médias d’État, comme le China Global Television Network (CGTN), sont au cœur de la diplomatie publique du pays. Placée sous la supervision du département de la propagande, la chaîne de télévision internationale fait preuve d'innovations discursives et rhétoriques pour influencer l’audience américaine et anglophone de la chaîne. 
Geographic area Amérique du Nord

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